Exit le célèbre thermomètre à mercure qui, jusque-là, servait à mesurer une augmentation de la température corporelle découlant d’une réaction immunitaire contre un microbe. Pour des raisons de nocivité du mercure pour la santé et l’environnement, ce type de thermomètre a en effet été interdit à la vente et à l’utilisation au niveau européen, ce qui a évidemment entraîné l’apparition sur le marché de nouveaux modèles.

Suite à l’interdiction en 1999 d’utiliser des thermomètres contenant du mercure, plusieurs nouvelles technologies de thermomètres électroniques ont vu le jour. Le thermomètre auriculaire était autrefois réservé au milieu médical et inabordable pour les particuliers. Mais aujourd’hui, avec un coût de fabrication très accessible, il connaît un véritable essor dans le milieu domestique et trouve de plus en plus sa place dans nos trousses à pharmacie.

L’intérêt de contrôler la température du tympan est qu’elle est assez fiable du fait que ni la respiration, ni la transpiration ne viennent affecter sa mesure. A condition bien sur que le tympan soit dégagé et le thermomètre auriculaire correctement placé.

TECHNOLOGIE PERFECTIONNÉE

comment fonctionne un thermomètre auriculaire
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Appelé ainsi car il assure une mesure au niveau de l’oreille, le thermomètre auriculaire présente deux avantages majeurs : il est moins invasif que son concurrent principal, le thermomètre électronique, qui assure une mesure rectale, buccale ou axillaire (sous le bras) ; et il délivre une information plus rapide : moins de 5 secondes contre 30 à 60 secondes… Cette rapidité est liée à son mode de fonctionnement dit « à infrarouge ». Introduite dans le conduit auditif, la sonde conique de l’appareil capte et mesure l’amplitude du rayonnement infrarouge lié à la chaleur dégagée par le tympan. Cette zone est reconnue médicalement comme l’une des plus représentatives pour mesurer la température interne du corps car elle présente l’avantage de ne pas être perturbée par la respiration, la transpiration… Le rayonnement infrarouge est acheminé jusqu’à un capteur électronique qui le transforme en signal électrique. Après traitement de ce signal par un microprocesseur, la température est affichée sur l’écran LCD. En fait, le thermomètre auriculaire appartient à la catégorie des thermomètres à infrarouge, qui regroupe également les modèles frontaux avec contact et sans contact (permettant de mesurer la température l’artère front ale à une distance de 5 à 10 cm de celle-ci). Certains « deux-en-un » permettent aussi une mesure auriculaire et frontale.

Mais, attention, si le thermomètre auriculaire paraît simple d’utilisation, il a l’inconvénient d’afficher parfois une température erronée quand on réalise mal le geste de prise de la température. Lequel est assez technique (bien introduire la sonde dans l’oreille, etc.)

Comment ça marche ?

Le thermomètre auriculaire se positionne dans le conduit auditif. Son embout conique empêche d’aller heurter le tympan. Il est recouvert d’un embout jetable pour protéger le capteur et garantir l’hygiène du thermomètre. La mesure se fait en pressant un bouton placé au-dessus de l’appareil. Un bip est émis au début de la prise. Environ trois secondes plus tard, un bip prolongé indique que la température est mesurée.

1. En cas de fièvre, le tympan s’échauffe

Le tympan jouxte l’artère cérébrale utilisée par le cerveau pour réguler la température corporelle. Il donne donc accès à la « vraie » température, celle qui témoigne de l’état instantané du patient.

Les autres sites de mesure, plus éloignés, ne donnent qu’une mesure décalée dans le temps de la température corporelle.

2. Un rayonnement infrarouge est émis

La chaleur d’un objet se caractérise par l’émission d’ondes infrarouges.

Ces ondes invisibles à l’œil nu vont échauffer le capteur de chaleur, la thermopile, placée à l’extrémité du thermomètre.

3. Le capteur de chaleur du thermomètre s’échauffe

D’un côté du capteur se trouve un absorbeur de chaleur exposé au rayonnement infrarouge. De l’autre, un socle à température ambiante. Entre les deux, un assemblage de deux métaux dont les soudures sont en contact avec l’absorbeur et le socle. La différence de température fait naître dans ce circuit (incluant un voltmètre) un courant électrique dont la valeur sera proportionnelle à la différence de température.

4. La température du corps est calculée puis affichée

Le processeur retrouve la température corporelle en additionnant la différence de température donnée par la thermopile à la température ambiante mesurée par un capteur de température indépendant. La température est affichée sur l’écran LCD.

Pourquoi utiliser un thermomètre auriculaire ?

Avantages

Rapide: nous avons tous connu le thermomètre digital ou mécanique, même constat pour tous, il faut attendre de 30 secondes pour les plus rapides à bien 3 minutes pour les anciens. Ici la mesure se fait en 5 secondes maximum.

Peu invasif: bien que le thermomètre rectal soit considéré plus fiable, il n’est pas très commode à utiliser. Imaginez que vous devez prendre la température d’un bébé que vous avez eu peine à endormir, et ceci toutes les heures… Même chose avec un thermomètre buccal ou axillaire. En revanche, avec un thermomètre infrarouge, la prise de température est plus aisée, plus agréable.

Pas cher: il faut bien le reconnaître, les prix ont particulièrement baissé ces dernières années et cette technologie est devenue très accessible maintenant.

Fonctionnel: l’électronique permet à certains modèles de bénéficier de fonctions avancées. Comme la mémorisation des dernières prises de température. Cela est très utile pour surveiller la fièvre d’un bébé par exemple. Dans le même registre, on peut rentrer l’âge du bébé ou de la personne et savoir s’il y a présence de fièvre ou non. En effet la fièvre dépend de la température mais aussi de l’âge. Beaucoup de modèles ont également un rétroéclairage qui permet de les utiliser la nuit ou dans une pièce sombre, ce qui est très pratique.

Inconvénients

Précision: le thermomètre médical auriculaire de référence a une précision de 0.1 degrés Celsius. Beaucoup d’améliorations ont été apportées aux mesures des thermomètres infrarouges et notamment les thermomètres auriculaires, ainsi qu’à leurs algorithmes. Ainsi la précision actuelle est de 0,2 degrés Celsius. Il faudra veiller à sélectionner des modèles qui ont bien cette précision.

Maniabilité: il est important, comme le médecin qui utilise son otoscope, de bien viser le tympan. En fait, c’est très simple, il faut légèrement tirer l’oreille vers l’arrière et vers le haut lors de la mesure. C’est un coup à prendre.

Autre: une pilosité excessive ou la présence de bouchons de cérumen importants vont tout bonnement fausser la qualité de la mesure. Enfin, il existe des modèles à embouts interchangeables.